Flammarion (Camille)

Ecrit par Marc Nadaux

(26 février 1842 - 3 juin 1925)

 

Camille Flammarion naît le 26 février 1842 à Montigny-le-Roi, près de Langres. Il est l'aîné d'une famille de quatre enfants. Ernest, son frère cadet, sera d'ailleurs le fondateur de la maison d'éditions qui porte son nom. De modeste condition, ses parents confient son éducation au curé du village. S'il possède quelques terres et une exploitation agricole, son père tire ses revenus du négoce de la draperie et de la mercerie. Son affaire connaît cependant des difficultés, qui le mènent à la ruine et le contraignent, lui et sa famille, à venir s'installer à Paris en 1854. Pendant deux années encore, Camille demeure en Haute-Marne où il poursuit ses études au petit séminaire de Langres. C'est un élève doué et studieux. Aussi le curé de Langres se charge-t-il du paiement de sa pension, ses frais d'étude étant prise en charge par la maîtrise de la cathédrale.

En 1856, Camille Flammarion rejoint les siens dans la capitale. Il trouve alors à s'employer chez un graveur ciseleur. L'apprenti s'initie ainsi à l'art du dessin. Si la nécessité l'a amené à arrêter ses études, ce travail lui permet tout de même de suivre les cours du soir d'une association. Son objectif est en effet d'obtenir le Baccalauréat. Passionné depuis son plus jeune âge d'astronomie et de choses célestes (enfant, il a pu assister à deux éclipses), Flammarion rédige à cette époque une Cosmogonie universelle. Cette étude du monde des origines sera rééditée en 1885 sous le titre de Le Monde avant l'apparition de l'Homme. Mais ce rythme de vie trop harassant le conduit au surmenage. Alité, le jeune homme fait néanmoins une rencontre opportune, en la personne du médecin appelé à son chevet. Celui-ci, intrigué par son ouvrage, obtient en effet à son patient un entretien avec Urbain Le Verrier, alors directeur de l'Observatoire de Paris. Le 28 juin 1858, Camille Flammarion est admis au sein de l'institution.

C'est cependant au Bureau des calculs que lui sont confiées les taches les plus courantes, lui qui espérait observer les astres. Qu'importe. Après ses heures de travail, Flammarion rejoint l'astronome Jean Chacornac près de son télescope. En 1862, il fait paraître un second ouvrage, La Pluralité des Mondes habités. Ce dernier, qui tente de répondre à la question de l'existence des extra-terrestres, obtient un grand succès auprès du public, mais est à l'origine de son renvoi. Charles-Eugène Delaunay, autre scientifique de renom, le prend alors à son service. Quelques années plus tard, ayant enfin fait l'acquisition d'une lunette (fabriquée par Secretan et muni d'un objectif de 108 mm), Camille Flammarion peut enfin se livrer à l'observation du ciel sur une petite terrasse de location. Dès l'année suivante, il adresse une première communication à l'Académie des Sciences et livre des articles aux revues scientifiques (à Cosmos notamment) ou grand public (entre autres au Magasin pittoresque). Peu après la guerre de 1870, l'homme de sciences s'installe rue Cassini, à proximité de l'Observatoire, qui le réintègre d’ailleurs en 1876. Deux années auparavant, il s'était marié à Sylvie Petiaux, un amour d'enfance. C'est en ballon que les jeunes époux partent en voyage de noces.

Flammarion s'intéresse à présent au problème que posent les étoiles doubles. Ses travaux sont publiés en 1878. L'astronome décrit pour la première fois le mouvement propre d'Aldébaran, la plus brillante étoile de la constellation du Taureau. Cependant, plus que ses nombreux mémoires scientifiques, ce sont surtout ses ouvrages de vulgarisation destinés au grand public qui lui donnent la célébrité. En 1880, paraît ainsi l'Astronomie populaire. Ce volume, qui lui vaut le prix Montyon de l'Académie française, est mis en vente au prix de dix centimes et il se vend à un million d'exemplaires. L'année suivante, paraissent également Les Étoiles et les Curiosités du Ciel, ainsi qu'une Petite Astronomie descriptive, cette dernière étant surtout destinée aux néophytes. A la fin de l'année 1882 et fort de cette nouvelle notoriété, Camille Flammarion reçoit d'un riche propriétaire bordelais, grand admirateur de ses ouvrages, une propriété dans la commune de Juvisy-sur-Orge, près de Paris, afin d'y installer l'observatoire nécessaire à ses recherches. A partir de 1884, la villa est transformée par ses soins. Au sommet d'une tour crénelée, est bientôt placée une coupole, à l'intérieur de laquelle se trouve la lunette d'observation, doublée d'un matériel de photographie. L'Observatoire de Juvisy est officiellement inauguré le 29 juillet 1887, avec la venue de Don Pedro II d'Alcantara, roi du Brésil et grand amateur d'astronomie.

Afin de financer ses travaux scientifiques, Camille Flammarion avait fondé en 1882 la revue L'Astronomie. Dans ses pages sont publiés ses travaux. D'autres savants viennent également le rejoindre à Juvisy, qui devient ainsi un des hauts lieux de l'astronomie en cette fin de siècle. Flammarion reçoit ainsi la visite de l'Américain Lowell et de l'Italien Schiaparelli, qui comme lui, s'intéressent à la planète Mars et postulent l'hypothèse de la présence de la vie à sa surface. En 1886, la municipalité, reconnaissante à l'astronome de la célébrité acquise par la commune, attribue son nom à une des rues du village. L'année suivante, une autre initiative de l'astronome destine de nouveau à rendre accessible sa passion scientifiques au grand public. En 1887, il fonde en effet la Société astronomique de France, qui s'installe rue Serpente, à Paris. A cette adresse, un observatoire permet aux adhérents de la Société d'étudier le ciel.

En 1912, la Légion d'Honneur est attribuée à Flammarion, au savant comme au vulgarisateur. Au moment du solstice d'été, ce dernier organise depuis 1904 une fête du soleil autour de la Tour Eiffel. Et à cette époque, il nourrit un autre grand projet que le déclenchement de la première guerre mondiale interrompra : la transformation de la Place de la Concorde en un vaste cadran solaire... A la fin du conflit, Camille Flammarion, qui a perdu son épouse quelques temps plus tôt, se remarie en 1919 avec son assistante Gabrielle Renaudot. Se situant désormais en marge de l’évolution des sciences, comme nombre de savants de sa génération, il s'intéresse désormais au problème de la vie après la mort, lui qui a toujours eu un penchant pour le spiritisme. N'avait-il pas prononcé en 1869 un discours d'hommage à Allan Kardec, lors des funérailles du célèbre spirite ? En 1923, l'astronome est d’ailleurs élu président de la Society for Psychical Research de Londres.

 

Camille Flammarion décède à Juvisy-sur-Orge, le 3 juin 1925.

le lundi, 25 janvier 2016 posté dans la catégorie F