Pershing (John Joseph)

Ecrit par Jean-Louis Philippart

(11 septembre 1860 - 15 juillet 1948)


 

John, Joseph Pershing est né le 11 septembre 1860 dans l’État du Missouri. Sa famille était d’origine alsacienne et l’un de ses ancêtres a quitté l’Europe pour l’Amérique au milieu du XVIIIe siècle.

À 18 ans, sans ressources, John Pershing fait fonction d’instituteur mais pour acquérir gratuitement une instruction et un métier, il entre en 1882 à l’académie militaire de West Point. Il en sort 30e sur 77 élèves en 1886.

Après West Point, il est affecté en Arizona dans l’un des postes qui avait été installés à l’époque des guerres indiennes. En 1891, il enseigne la tactique militaire à l’université de Lincoln au Nebraska et il commande en même temps les Cadets. Pendant son séjour à l’université il poursuit des études de droit, car il souhaite retourner à la vie civile pour entrer dans la magistrature ou dans les affaires. La vie d’aventure qui lui est offerte va toutefois le faire rester dans l’armée.

En 1895, à la fin de son contrat avec l’université, Pershing est toujours sous-lieutenant. Il part pour alors le Montana rejoindre le 10e régiment de cavalerie, composé de soldats noirs. Si sa carrière est lente, c’est parce qu’il a choisi la cavalerie après West Point et les promotions, qui se font dans l’armée à l’ancienneté, sont plus difficiles dans la cavalerie que dans l’infanterie.

En 1897, Pershing est nommé lieutenant et devient officier d’ordonnance du général Miles, commandant en chef de l’armée à Washington. Lorsque la guerre de Cuba éclate en 1898 , Pershing enseigne la tactique à West Point et la brièveté du conflit ne lui permet pas de combattre, ce qu’il regrette profondément.

À 41 ans, après sa participation à la répression de l’insurrection des Moros aux Philippines, le lieutenant Pershing accède aux grade de capitaine. Il passe pour un chef énergique, capable, sérieux au travail et d’une tenue toujours impeccable qui lui vaudra plus tard le surnom de général "Spit and Polish " (crache et fait reluire).

En 1906, attaché militaire à Tokyo, il suit de près la guerre russo-japonaise et découvre quelques aspects de la guerre moderne. Le président Théodore Roosevelt, depuis le temps où il exerçait les fonctions de commissaire de police de New-York, connaît le capitaine Pershing et apprécie ses qualités d’administrateur, son sens du commandement et de la discipline. La règle de l’ancienneté ne s’appliquant pas aux officiers généraux, le président Roosevelt décide de soumettre aux chambres la nomination de Pershing au grade de général de brigade. Au Sénat, où le sénateur Warren (beau-père de Pershing) préside la commission des affaires militaires, la proposition est acceptée sans aucune opposition.

En 1914, le nouveau général reçoit le commandement de la division de l’Ouest et s’installe à San-Fransisco. L’agitation au Mexique l’oblige à partir pour El Paso. Pendant cette période, en août 1915, il est frappé par un drame familial. Sa femme et ses trois enfants restés à San-Fransisco sont victimes d’un incendie ; seul son fils est sauvé.

Le 6 avril 1917 les États-Unis entrent en guerre contre l’Allemagne. Le 9 mai, le général Pershing qui exerce le commandement du département du Sud avec le rang de major général (général de division), est nommé commandant des forces américaines en Europe et reçoit du Président Wilson la mission d’organiser le corps expéditionnaire américain (C.E.A.). Il est le plus jeune sur la liste des majors généraux mais il parle et écrit parfaitement le français, qu’il a étudié en 1908 à l’occasion d’un séjour de plusieurs mois en France.

Le général Pershing, accompagné du lieutenant Patton, débarque à Liverpool le 7 juin et après un court séjour à Londres passe en France le 13 juin. Il est accueilli à Boulogne par le général Peltier, membre de la mission militaire française chargée de faciliter l’installation et le fonctionnement des services nécessaires à l’armée américaine en France. Le général Pershing s’installe avec son état-major à Chaumont en septembre 1917.

Dès le début juillet 1917, le général Pershing propose à Washington un projet général d’organisation, construit sur la base d’une armée indépendante capable d’actions offensives sur une grande échelle. L’organisation qu’il met en place permet d’accueillir et de transporter sur les champs de bataille près de deux millions d’hommes en 1918 : à Château-Thierry en juillet, à Saint-Mihiel en septembre et en Argonne en octobre.

Le général Pershing est un perfectionniste et comme l’opinion américaine, il voudrait que les forces armées des États-Unis jouent un rôle décisif, qu’elles fassent grande figure. Il veut en conséquence que les divisions soient parfaitement entraînées et que les troupes fassent leur entrée dans un secteur de front, non pas progressivement et amalgamés aux unités alliées comme ces derniers le lui demandent, mais en bloc pour l’offensive finale et remporter la victoire. Cependant le 11 novembre 1918, le jour de l’armistice, au moment même ou Pershing se déclare prêt à pénétrer en territoire allemand, la première armée US doit s’arrêter en pleine progression, ce qui aurait fait dire au général Pershing : "ils ne sauront jamais à Berlin qu’ils ont été battus, il faudra tout recommencer".

A son retour aux États-Unis il est accueilli en vainqueur et est fait général des armées. De 1921 à 1924 il occupe le poste de chef d’état-major des armées, puis il termine son service actif par quelques missions diplomatiques ; il a alors 64 ans. L’homme, brisé par le décès de son épouse et de ses deux filles, termine sa vie le 15 juillet 1948 après huit années passées à l’hôpital militaire de Washington.

le lundi, 25 janvier 2016 posté dans la catégorie P