Rostand (Edmond)

Ecrit par Marc Nadaux

(1er avril 1868 - 2 décembre 1918)


 

Edmond Rostand naît à Marseille le 1er avril 1868, au 14 de la rue Montaux. L’enfant est issu d’une famille de la bourgeoisie aisée, qui tire son revenu de la banque. Son père est un économiste, poète et journaliste à ses heures. Il effectue ses études secondaires au Lycée de Marseille puis entre en 1884 au collège Stanislas, à Paris. Edmond Rostand est un brillant élève. En 1887, il obtient le prix du maréchal de Villars, que décerne l’Académie Française, pour une dissertation sur le sujet : Deux romanciers de Provence, Honoré d’Urfé et Émile Zola. Après avoir obtenu le Baccalauréat, il s’inscrit en 1888 aux cours de la faculté de droit.

Il fait bientôt la connaissance de la poétesse Rosemonde Gérard, petite fille du maréchal Gérard, avec laquelle il se marie le 8 avril 1890. Le couple aura deux enfants : Maurice né le 26 mai 1891 et Jean, futur biologiste de renom, le 30 octobre 1894. Entre temps, l’étudiant a définitivement quitté la faculté après avoir obtenu sa licence. Inscrit au barreau de Paris, il se lance alors dans une carrière littéraire. En 1889, Le Gant rouge, un vaudeville en quatre actes qu’il écrit avec la collaboration d’Henry Lee, demi-frère de son épouse, est un échec. La pièce, éreintée par la critique, ne connaît que quinze représentations au théâtre de Cluny.

L’écrivain persévère néanmoins dans son art. En 1890, il fait paraître chez Lemerre, l’éditeur des Parnassiens, Les Musardises, un recueil de poèmes, après avoir rédigé un Essai sur le roman sentimental et le roman naturaliste. Une nouvelle pièce en vers, Les Deux Pierrots, est refusée par la Comédie Française. Quelques années plus tard cependant, l’institution accueille en ses murs Les Romanesques, créée le 21 mai 1894, et qui connaît le succès auprès du public. Quelques mois plus tard, Edmond Rostand achève La Princesse lointaine, un drame lyrique d’inspiration médiévale qu’il destine à l’actrice Sarah Bernhardt. Celle-ci accepte également de jouer La Samaritaine, un "évangile en trois tableaux" créé le 14 avril 1897 au théâtre de la Renaissance.

Le succès tarde à venir. L’écrivain, s’il peut compter sur quelques amitiés solides, celles d’un petit cénacle mondain, est esseulé parmi les milieux littéraires parisiens. Edmond Rostand s’isole d’ailleurs de plus en plus, devenant dépressif. Au théâtre de la Porte-Saint-Martin, il prend alors le risque de mettre en scène Cyrano de Bergerac, une nouvelle pièce coûteuse à monter. La première, qui a lieu le 28 décembre 1897, est un véritable triomphe, porté par l’interprétation de l’acteur Benoît Constant Coquelin. Quatre cents représentations suivront jusqu’au mois de mars 1899. Dès lors, Edmond Rostand est fêté tel une gloire nationale. Le Président de la République, Félix Faure, assiste le 6 janvier 1898 à une représentation de son œuvre qu’il salue comme étant un bel exemple du génie français. Quelques jours auparavant, le 1er janvier 1898, son créateur avait reçu la Légion d’honneur. Il est bientôt élu à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, puis à l’Académie Française, le 30 mai 1901, à l’âge de trente-trois ans.

Au cours de ces années, Edmond Rostand, qui est maintenant devenu une personnalité du monde des lettres, prend parti en faveur du capitaine Dreyfus. Le 15 mars 1900, a lieu la première de sa nouvelle œuvre, L’Aiglon. Ce drame en six actes et en vers met en scène le duc de Reichstadt, fils de Napoléon. Sarah Bernhardt, de nouveau, joue le rôle principal, celui d’un héros shakespearien, un jeune homme (!) au prise avec son destin et qui souhaite la mort par peur de ne pas être à la hauteur de ce qu’il incarne. C’est un nouveau triomphe pour l’écrivain et pour la grande actrice, le public ignorant les piques que lance la critique. Souffrant d’une pneumonie, Edmond Rostand se retire dans sa villa d’Arnaga, conçue par l’architecte Albert Tournaire, à Cambo-les-bains. C’est au pays Basque qu’il vit désormais. Dans les années qui suivent, le rythme de ses productions ralentit. Une nouvelle pièce de théâtre, Chanteclerc, achevée dès 1905, n’est jouée que bien plus tard, le 7 février 1910. Car Rostand doute de la qualité de son œuvre. Le décès de Coquelin ne fait que retarder d’avantage sa création. Celle-ci déroute le public. L’œuvre, inspirée par l’observation d’une basse-cour dans une ferme basque, met en scène des animaux. A la surprise succède rapidement la déception.

Cet échec affecte Edmond Rostand. Après la rédaction d’une pantomime, Le Bois sacré, publiée en 1908 par L’lllustration dans son numéro de Noël, il entame une trilogie qui doit réunir Don Juan, Faust et Polichinelle. Le premier volet, La dernière nuit de Don Juan, est publié en 1911.

L’écrivain, en raison de ses problèmes de santé, ne peut participer aux combats de la première Guerre mondiale. Il manifeste néanmoins sa solidarité avec les soldats de l’armée française en rédigeant des poèmes patriotiques réunis en 1916 dans Le Vol de la Marseillaise, ainsi que Le Cantique de l'Aile, dédié aux aviateurs et publié à titre posthume en 1921. Atteint de la grippe espagnole, Edmond Rostand décède à Paris, le 2 décembre 1918, au lendemain de l’armistice.

le lundi, 25 janvier 2016 posté dans la catégorie R