Tolkien (John Ronald Reuel)

Ecrit par Agnès Granjon

(3 janvier 1892 - 2 septembre 1973)

 

 

 

John Ronald Reuel Tolkien naît le 3 janvier 1892, à Bloemfontein, dans l’État Libre d’Orange, en Afrique du Sud. Ses parents sont des émigrants anglais installés depuis peu dans le pays. La famille paternelle est d’origine allemande. Son père, Arthur Reuel Tolkien, après avoir échoué dans le commerce de pianos, est devenu employé de banque. En 1888, il part tenter sa chance en Afrique du Sud. En 1891, Mabel Suffield, fille d’un commerçant des Midlands qui a fait faillite, le rejoint et l’épouse.

John Ronald Reuel, premier né de la famille Tolkien, est baptisé dès le 31 janvier 1892. Deux ans plus tard, le 17 février 1894, naît John, Hilary Arthur Reuel, le frère de John. La carrière bancaire d’Arthur Tolkien évolue favorablement à Bloemfontein, mais Mabel ne supporte pas le climat et, en 1895, la décision est prise de rentrer en Angleterre. En avril 1895, Mabel Tolkien et ses deux fils rejoignent ainsi la famille Suffield à Birmingham. Resté en Afrique du Sud, Arthur Tolkien devient directeur de l’agence bancaire. Mais le 15 février 1896, après avoir été gravement malade durant plusieurs mois, il meurt des suites d’une hémorragie. Sa veuve et les deux enfants restent quelques mois dans la famille maternelle, au grand bonheur de Ronald (c’est ainsi qu’il est appelé dans sa famille), qui écrira plus tard : "Bien que Tolkien par le nom, je suis un Suffield par mes goûts, mes talents et mon éducation".

Au cours de l’été 1896, Mabel Tolkien s’installe avec Ronald et Hilary dans un petit pavillon de campagne, à Sarehole, au sud de Birmingham. Femme solide et énergique, elle s’occupe de l’éducation des enfants. A quatre ans, Ronald sait lire et montre de grandes dispositions pour les langues, notamment le latin, et pour le dessin. Il apprend à aimer la nature et s’initie à la botanique. Tolkien restera très marqué par son séjour campagnard, très profitable à son imagination. En 1899, âgé alors de sept ans, il écrit sa première histoire. En juin 1900, sa mère se convertit au catholicisme. Cela suscite de graves dissensions avec sa famille, et cette conversion influence durablement le jeune Ronald : il restera toute sa vie un fervent catholique.

La famille Tolkien est heureuse à Sarehole, en dépit de sa précaire situation financière. Mais à l’automne 1900, ayant réussi l’examen d’entrée (il avait échoué un an plus tôt), Ronald intègre la King Edwards School à Birmingham. Pour réduire les trajets, les Tolkien déménagent à Moseley, dans la banlieue de Birmingham. L’endroit est sinistre, Ronald déteste la ville. Sa passion pour les livres et les langues lui sont cependant un puissant dérivatif. Et en lisant les inscriptions sur les trains qui passent près de chez lui, il découvre une langue jusque-là inconnue : le gallois. En 1902, des difficultés financières contraignent une nouvelle fois la famille à déménager, à Edgbaston, une autre banlieue de Birmingham ; les fils Tolkien quittent King Edwards pour Saint Philips, un collège catholique aux droits d’entrée moins élevés. Mais l’éducation qui y est dispensée est d’un niveau trop faible et, ayant finalement obtenu une bourse, Ronald réintègre King Edwards l’année suivante. Il découvre alors le Moyen Age, pour lequel il éprouve une véritable fascination ; les légendes du Roi Arthur et les contes de fées d’Andrew Lang le passionnent.

En 1904, la famille Tolkien est de nouveau durement frappée : quelques mois seulement après avoir appris qu’elle était diabétique, Mabel meurt des suites de cette maladie, après six jours de coma, le 14 novembre 1904, à l’âge de 34 ans. Ronald est profondément affecté par le décès de sa mère. Son caractère joyeux et optimiste se teinte parfois d’accès de désespoir qui transparaîtront tout au long de sa vie dans ses lettres ou dans son journal. Les deux fils Tolkien sont confiés à leur tante Beatrice Suffield, puis placés sous la tutelle du père Francis Morgan, un prêtre catholique grand ami de la famille depuis 1902.

Tolkien poursuit ses études à King Edwards. Il y  confirme son don pour les langues, connaît déjà le latin, le grec, le français et l’allemand. Il s’intéresse plus particulièrement à leur construction, examine leur structure, recherche les points communs..., faisant ainsi ses premiers pas en philologie. Tolkien s’initie aux langues anglo-saxonnes avec l’aide de Georges Brewerton, l’un de ses professeurs. Il s’enthousiasme pour le vieil anglais, lit le grand poème épique anglo-saxon, Beowulf, qui conte les combats du guerrier Beowulf contre monstres et dragons ; il étudie également le moyen anglais, lit Sir Gauvin et le Chevalier Vert et La Perle, et découvre d’autres langues, dont le gothique, qui le passionne tout autant. Ses étonnantes connaissances linguistiques le conduisent à inventer son propre langage, s’inspirant pour se faire des livres d’espagnol de la bibliothèque de son tuteur.

En 1905, les deux frères déménagent à Duchess Road. Chez des voisins, Tolkien fait la connaissance d’Edith Brath, une orpheline comme lui (c’est une enfant illégitime). Les deux adolescents deviennent rapidement amis. Leurs sentiments évoluent ensuite et en 1909, Ronald et Edith se déclarent leur amour. Ils ont 17 et 20 ans. Le père Francis s’oppose résolument à leur liaison, craignant pour l’avenir de Ronald, et lui interdit de revoir Edith jusqu'à sa majorité. Dans le même temps, le jeune Tolkien échoue à l’examen d’entrée de l’université d’Oxford. Loin de renoncer cependant, il travaille avec encore plus d’acharnement. En janvier 1910, les frères Tolkien déménagent une nouvelle fois, sur l’ordre du père Francis, qui veut définitivement séparer Ronald d’Edith. En mars, Edith quitte à son tour Duchess Road pour Cheltenham. En décembre 1910, Tolkien décroche une bourse pour le collège d’Exeter, à Oxford.

Pendant ses années d'université, de 1911 à 1915, Tolkien partage sa vie entre ses études, qu’il réussit brillamment, et ses activités estudiantines. Il se consacre notamment à la langue et à la littérature anglo-saxonnes. Il peut étudier à loisir les langues anciennes, anglo-saxonnes, islandaise, gaélique, finnoise (sa préférée)... et les mythes et légendes scandinaves. Il découvre ainsi le Kalevala, recueil de poèmes finnois de la mythologie nordique, qu’il lit en version originale. Cette lecture le bouleverse : "Ce fut comme de découvrir une cave pleine de bouteilles d'un vin extraordinaire et d'un goût jusqu'alors inconnu. J'en devins passablement ivre". Le Kalevala lui inspire ses premiers écrits. C’est à cette époque qu’il invente la Terre du Milieu, qui se retrouvera ensuite dans l’ensemble de son œuvre. Fortement influencé par le finnois, il créé d’autres langages, dont le Quenya. En deuxième année, il s’oriente dans la section des médiévistes et des philologues.

Tolkien s’investit également beaucoup dans la vie estudiantine. Il joue au rugby, devenant capitaine de son équipe, contribue à la rédaction des journaux étudiants. Il s’intéresse tout particulièrement aux clubs et aux associations. Alors qu’il était encore à King Edwards, il avait fondé avec Christopher Wiseman, Robert Quilter Gilson et Georges Bache Smith le T.C.B.S. (Tea Club Barrovian Society), les amis se retrouvant pour discuter et prendre le thé. A Oxford, Tolkien fait également partie du Stapelton, du club de l'essai, de la société dialectique et créé le Club des Apolaustiques.

En 1913, devenu majeur, Tolkien se libère de l’emprise de son tuteur et reprend contact avec Edith Brath. Celle-ci, sans nouvelles de lui depuis des années, s’est fiancée avec un autre, George Field. Tolkien n’abandonne pas, il rejoint Edith et la convainc d’abandonner Field. Il passe ensuite l’été en France, comme guide d’un groupe de Mexicains. Ce voyage confirme son aversion pour les Français. En janvier 1914, Edith se convertit, un peu à contrecœur, au catholicisme, et les deux amoureux se fiancent officiellement. Au cours de l’été 1914, Tolkien découvre la Cornouailles. Il est émerveillé par la beauté de la mer, qui lui inspire plusieurs poèmes, dont le voyage d’Eärendel, base future du Silmarillion.

Au cours du second semestre 1914, bien que la guerre ait été déclarée, Tolkien reste à Oxford pour passer son diplôme. Il commence l’adaptation d’un poème du Kalevala, qui deviendra ensuite le Narn i Hîn Húrin. En 1915, il s’engage dans l’armée britannique, aux fusiliers du Lancashire. A l’été 1915, il est reçu dans la première classe pour son dernier examen. Le 22 mars 1916, à Warwick, il se marie avec Edith. Celle-ci s’installe à Great Haywood alors que Ronald part pour la France en tant qu’officier de liaison, sur le front de la Somme. Il participe à la bataille de la Somme, au cours de laquelle meurent deux de ses amis, Bob Gilson et G.B. Smith. En novembre 1916, suite aux déplorables conditions sanitaires qui règnent dans les tranchées, Tolkien tombe malade. Il est rapatrié en Angleterre à la fin 1916. Au cours de sa convalescence à l’hôpital, il commence à écrire The Book of the Lost Tales (le Livre des Contes Perdus), un recueil de contes ; son préféré étant celui de Beren et Luthien, car il identifie Luthien à Edith. Il rédige également son premier ouvrage linguistique sur la langue Quenya, langue imaginaire du haut-elfique, la Quenyaqesta, en en faisant une description phonologique et historique, complétée par un dictionnaire. En novembre 1917, naît John, son premier fils.

A l'armistice, la famille Tolkien emménage à Oxford. Jusqu’en 1921, Tolkien travaille, comme assistant lexicographe, dans l’équipe chargée de l’élaboration du célèbre Oxford English Dictionary. Cette activité lui plaît et ses connaissances en langues anciennes sont grandement appréciées. Il donne aussi des cours particuliers et peut louer une petite maison où loger sa famille. En 1920, ses cours lui rapportent assez d’argent et Tolkien quitte l’équipe du dictionnaire. L’année suivante, il obtient un poste de maître-assistant à l’université de Leeds, comme lecteur de littérature anglaise. Son deuxième fils, Michael Hilary Reuel, naît en octobre 1921, et à la fin de l’année, sa femme et ses enfants le rejoignent à Leeds. Avec des collègues de l’université, Tolkien collabore à la rédaction d’un lexique anglo-saxon. Il se lie d’amitié avec un nouveau lecteur, E.V. Gordon, et tous deux travaillent à une nouvelle version du poème Sir Gawain and the Green Knight (Sir Gauvin et le Chevalier Vert), qui est publiée en 1925. Ensemble, ils fondent aussi un club viking avec des étudiants et deviennent très populaires. En mai 1923, Tolkien reprend l’écriture du livre des Contes Perdus, qu’il rebaptise The Silmarillion. Mais son perfectionnisme l’empêche de le terminer. En 1924, à l’âge de seulement 32 ans, il est nommé professeur d’anglais à Leeds. La même année, naît son troisième fils, Christopher.

Ses publications universitaires lui valent d'obtenir, dès l’été 1925, une chaire de langue anglo-saxonne à Oxford. De 1925 à 1945, il enseigne au Pembroke College. Tolkien participe alors à un grand nombre de travaux, littéraires ou philologiques. Grand spécialiste du dialecte mercien (vieil anglais du centre utilisé entre 450 et 1150) et du moyen anglais (entre 1150 et 1500), il étudie et enseigne aussi les autres langues germaniques, dont le Norrois et le Gothique. En mai 1926, il fait la connaissance de C.S. Lewis, un écrivain connu, qui devient l’un de ses plus proches amis et avec qui il fonde les Coalbiters ("mange-braises", nom donné anciennement par les Islandais aux taciturnes assis devant le feu) pour donner une plus grande place à l’Islandais dans le programme de langues. En 1929, naît son quatrième et dernier enfant, Priscilla. L’année suivante, les Tolkien emménagent dans une maison un peu plus confortable, au 20 Northmoor Road. C’est vers cette époque que se forment les Inklings, groupe littéraire d’amis chrétiens composé de Tolkien, Lewis et son frère, R.E. Harvard, Hugo Dyson et Owen Barfield. Les Inklings prennent une grande place dans la vie sociale de Tolkien, qui aime toujours à se réunir avec des amis pour lire et bavarder. Tolkien contribue alors à la conversion de C.S. Lewis, qui deviendra par la suite l'un des plus grands théologiens du XXe siècle.

Mais en dehors de son travail d’enseignant et de philologue, ce que Tolkien apprécie par dessus tout, c’est veiller tard dans la nuit pour écrire les chroniques de son pays imaginaire, la Terre du Milieu. Il donne ainsi naissance à un monde construit, complexe et ordonné. Pendant ces années-là, il commence de nombreux textes qu’il laisse inachevés : Le Lai des enfants de Húrin, La Fuite des Noldoli, différentes versions des Annals of Beleriand et Annals of Valinor... Il poursuit également ses travaux universitaires, en particulier sur Beowulf, mais rédige aussi des articles sur l’histoire de la langue anglaise, avec notamment une étude sur Chaucer, qui est publiée en 1934 (Chaucer as a Philologist).

Aux alentours de 1930, Tolkien commence à écrire The Hobbit (Bilbo le Hobbit). C’est en corrigeant des copies d’élèves que, tombant sur une feuille blanche ; il rédige les premières lignes : "Dans un trou vivait un hobbit". Tolkien poursuit l'histoire et la raconte à ses enfants. Mais elle reste inachevée jusqu'à ce que, en 1936, une de ses étudiantes la découvre. Tolkien achève alors le roman qui, fortement inspiré des mythes scandinaves et germaniques et des chevaliers de la Table Ronde, conte les aventures d’un hobbit, Bilbo Baggins, et de treize nains, partis à la recherche d’un fantastique trésor gardé dans les cavernes d’Erebor par le très féroce dragon Smaug. Suzan Fagnall, employée des éditeurs Allen & Unwin, fait accepter le manuscrit. Tiré à 1.500 exemplaires, le livre paraît en Angleterre le 21 septembre 1937. Le succès est immédiat, la première édition est épuisée dès Noël 1937 (The Hobbit a depuis été traduit dans plus de 20 langues).

Devant un tel succès, son éditeur Stanley Unwin réclame une suite à Tolkien. Celui-ci souhaiterait faire publier le Silmarillion, mais ce n’est pas ce que le public attend. Tolkien s’incline, et en décembre 1937, il commence à rédiger une suite au Hobbit. Il met près de 15 ans à l’élaborer, en raison de sa recherche de la perfection, qui le pousse à de nombreuses transformations et remaniements. Et parfois aussi par manque de temps : durant la seconde guerre mondiale, en plus de son travail universitaire, Tolkien participe à l’effort de guerre en donnant des cours d’anglais aux jeunes recrues de l’armée, en élevant des volailles et en participant aux veilles de la défense passive. L’ampleur de sa tâche le décourage aussi parfois, et il vit mal le départ en Afrique du Sud de Christopher, son fils préféré, qui a rejoint la Royal Air Force. Il lui envoie au fur et à mesure de leur rédaction, les chapitres de The Lord of Rings (le Seigneur des Anneaux). Mais Tolkien ne se consacre pas entièrement à cette histoire, il retravaille aussi des textes antérieurs et en écrit de nouveaux, dont la suite, sous forme de dialogues, d'un texte médiéval relatant la bataille de Maldon, The Homecoming of Beorhtnoth, Beorhthelm's Son. En 1945, il obtient la chaire de professeur de langue et littérature anglaise au collège de Merton, poste qu’il occupe jusqu'à sa retraite en 1959.

En 1949, paraît Farmer Giles of Ham (le Fermier Giles de Ham) et Tolkien termine enfin le premier jet du Seigneur des Anneaux, qu’il dédie à son fils Christopher. L’histoire se déroule à la fin du Troisième Age du monde, dans le nord-ouest de la Terre du Milieu. Elle met en scène Frodon Sacquet, neveu de Bilbo qui lui a remis l’anneau qu’il avait trouvé chez Gollum, être difforme et maléfique (Bilbo le Hobbit). Cet objet magique est l’anneau unique, symbole du pouvoir absolu, et recherché par le méchant Sauron, Seigneur des Ténèbres. La tâche de Frodon est d’anéantir l’anneau pour qu’il ne puisse être utilisé par les forces du Mal. Tolkien consacre plusieurs années à réviser puis à dactylographier le texte. La publication est également retardée par un désaccord avec la maison d’édition Allen & Unwin, Tolkien souhaitant toujours faire éditer le Silmarillion, pourtant inachevé. Finalement, le Seigneur des Anneaux est publié, scindé en trois parties pour des raisons budgétaires : en 1954, paraissent les deux premiers tomes, La Communauté de l’Anneau et Les Deux Tours. Tolkien est très inquiet, mais en dépit d’une critique assez mitigée, les deux livres connaissent un assez net succès auprès du public. En 1955, après la confection de la carte par Christopher et la rédaction des appendices, paraît le troisième et dernier tome, Le Retour du Roi.

Mais le véritable succès du Seigneur des Anneaux n’intervient que dix ans plus tard. Tolkien publie entre-temps Les Aventures de Tom Bombadil, en 1962, et L’Arbre et la Feuille, en 1964. En 1965, paraît l’édition américaine du Seigneur des Anneaux, qui décuple son succès. Il devient un livre culte sur les campus américains, est traduit dans une cinquantaine de langues et des clubs de fans naissent un peu partout. L’œuvre de Tolkien inspire en grande partie la littérature fantastique des années 1970, ainsi que Gary Gygax, le créateur de Donjons et Dragon, jeu de rôles lancé en 1973.

Tolkien termine sa carrière universitaire à Oxford. En 1957, il reçoit l’International Fantasy Award, mais en raison de l’état de santé d’Edith, il ne peut se rendre aux États-Unis pour recevoir son prix. En 1959, il prend sa retraite, tout en restant à Oxford. En 1963, il est nommé membre émérite du collège de Merton et membre honoraire du collège d'Exeter. Le formidable succès du Seigneur des Anneaux ne modifie en rien son style de vie. Ce phénomène surprend Tolkien, qui ne s’attendait pas à tant de célébrité, qu’il considère comme imméritée. Il passe d’ailleurs sa retraite à travailler et retravailler ses textes, dont Bilbo le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux, mais aussi et surtout The Silmarillion, qui restera inachevé. Il s’agit d’un ensemble énorme de manuscrits, rassemblant les mythes et légendes de la genèse du monde minutieusement créé par Tolkien : la Terre du Milieu. Il travaille aussi à d’autres textes, participe à la traduction de La Bible de Jérusalem, en 1966, et publie en 1967 Smith of Wootton Major.

En 1968, Tolkien et sa femme déménagent à Poole, près de la station balnéaire de Bournemouth. Le 29 novembre 1971, Edith meurt des suites d'une inflammation de la vésicule biliaire. Elle a 82 ans. Inconsolable, Tolkien retourne à vivre à Oxford comme membre honoraire résident du collège de Merton. En 1972, il devient C.B.E. (Commandeur de l'Empire Britannique) des mains de la reine Elisabeth et Oxford lui décerne un doctorat ès lettres honoraire pour sa contribution à la philologie. Le 28 août 1973, alors qu’il se rend à Bournemouth chez Denis Tolhurst, Tolkien tombe malade. Il est hospitalisé le lendemain dans un hôpital privé de la ville où il décède le matin du dimanche 2 septembre 1973, à l’âge de 81 ans. Il est enterré dans le cimetière de Wolvercote, à Oxford, auprès d’Edith. Sur l’épitaphe est gravé : "Edith Mary Tolkien, Luthien, 1889-1971. John Ronald Reuel Tolkien, Beren, 1892-1973". Alors qu’il était encore étudiant, Edith lui avait inspiré l’un de ses contes préférés, Beren et Luthien, racontant l’amour entre un homme (Beren) et une princesse elfique, (Luthien).

 

Inventeur d’une mythologie complète, œuvre de toute une vie, Tolkien a été fortement influencé par les mythologies nordiques, celtiques et germaniques (à l’origine de ses elfes, nains et magiciens), mais aussi par les événements de son temps, par son refus du monde moderne (la technique est pour lui un facteur de destruction, il rejette les voitures, la télévision...), ainsi que par sa foi (il décrit d’une manière assez manichéenne le combat des forces du bien contre celles du mal).



Pour en savoir plus :



Récompenses et prix littéraires de Science-fiction décernés à Tolkien : 

1957 : International Fantasy Award 

1978 : Ditmar Award 

1978 : Gandalf Award 

1978 et 1987 : Locus Poll Award 

1979 et 1981 : Balrog Award 

1981 : Mythopoeic Award 



Œuvres de Tolkien : 

 

 1911 : La Bataille des plaines orientales, poème paru dans le King's Edward Chronicle

1913 : :De la rive des saules sur la Tamise immémoriale, poème paru dans The Stapelton magazine

1915 : Les Pieds des Lutins, poème paru dans Oxford Poetry 1915

1920 : Les Marins heureux, poème paru dans The Stapelton magazine

1922 : Vocabulaire de moyen anglais

1923 : Iumonna Gold Galdre Bewunden, poème paru dans The Gryphon

La Cité des Dieux, poème paru dans The Microsom

Le Chat et le Violon : Une comptine démontée et son secret scandaleux révélé, poème paru dans le Yorkshire Poetry

1924 : un chapitre de The Year's Work in English Studies, volume IV

1925 : "Contribution à la lexicographie du moyen anglais", dans Review of English Studies

Light as Leaf on Lindentree, poème paru dans The Gryphon

"Les carrosses du Diable", dans Review of English Studies

Sir Gawain and the Green Knight (Sir Gauvin et le Chevalier Vert), en collaboration avec E.V. Gordon

1926 : un chapitre dans The Year's Work in English Studies, volume V

1927 : Le Pays sans nom, poème paru dans Realities

un chapitre dans The Year's Work in English Studies, volume VI

1929 : Contribution à Ancrene Wise and Hali Meiohad, Essays and Studies by members of the English Association

1930 : "L'École d'anglais à Oxford", dans The Oxford Magazine, volume XLVIII

1932 : Appendice I : "Le nom 'Nodens', Report on the Excavation of the Prehistoric, Roman, and Post-Roman Sites in Lydney Park, Gloucestershire", contribution au rapport du comité de recherche de la société des antiquaires de Londres

1933 : Errantry, poème paru dans The Oxford Magazine

1934 : Looney, poème paru dans The Oxford Magazine

Les Aventures de Tom Bombadil, poème paru dans The Oxford Magazine

Chaucer Philologue : Le Conte de Reeves, Transactions of the Philological Society

1936 : Chants des philologues, recueil de vers humoristiques, en collaboration avec E.V. Gordon

1937 : La Visite du Dragon, poème paru dans The Oxford Magazine

"Beowulf : the Monsters and the Critics" (Beowulf : les Monstres et les Critiques), dans Proceedings of the British Academy 22

The Hobbit

1938 : "Lettre à propos du Hobbit", dans The Observer

1945 : "Leaf by Niggle", dans The Dublin Review,

"Le Lai d'Aotrou et d'Itroun", dans The Welsh Review

1947 : "Ipplen in Sawles warde", dans English Studies, volume XXVIII

Sur les Contes de Fées, Essai écrit en 1938

1948 : "MS Bodeley 34 : A re-collation", dans Studia neophilologica

1949 : Farmer Giles of Ham (Le fermier Giles de Ham)

1953 : "Le Retour de Beorhtnoth, fils de Beorhthelm", dans Essays and Studies by members of the English Association

"Middle English 'Losenger'", dans Essais de Philologie Moderne

1954-1955 : The Lord of Rings (Le Seigneur des Anneaux), en trois parties : 1954, the Fellowship of the Ring (La Communauté de l'Anneau) et The Two Towers (Les Deux Tours) et 1955, The Return of the King (Le Retour du Roi) - Entre 1954 et 1966, la première partie est réimprimée quatorze fois, la seconde douze fois et la troisième dix fois

1962 : The Adventures of Tom Bombadil (Les Aventures de Tom Bombadil et autres poèmes du Livre Rouge)

Ancrene Wisse : texte anglais d'Ancrene Riwle

1964 : Tree and Leaf (L'Arbre et la Feuille)

1965 : Il était une fois la visite du dragon, poèmes parus dans Winter's Tales for Children

1966 : "Tolkien sur Tolkien", dans Diplomat

1967 : Smith of Woottom Major

Pour WHA, poème paru dans Shenandoah : The Washington and Lee University Review

The Road Ever Goes On : A Song Cycle, poèmes mis en musique par Donald Swann

1967 : Poems and Songs of Middle-earth

1970 : Le Trésor, poème paru dans The Hamish Hamilton Book of Dragons

1973 : Publication par Ballantine Books d’un calendrier contenant plusieurs illustrations de Tolkien. Des dessins ont également été imprimés sous forme de cartes postales et de posters

Après le décès de Tolkien, son fils Christopher se charge de compiler et de publier les manuscrits de son père :

1974 : Le Dernier Chant de Bilbo, poème publication posthume sous forme de poster avec une décoration de Pauline Baynes

1975 : Sir Gauvin et le Chevalier Vert, Perle et Sir Orfeo traduits en anglais moderne, parution posthume, avec une préface de son fils Christopher

1977 : The Silmarillion (Le Silmarillion)

1982 : Unfinished Tales (Contes et Légendes Inachevés)

History of Middle Earth. (HoME - Histoire de la Terre du Milieu), 12 volumes

le lundi, 25 janvier 2016 posté dans la catégorie T