Définitions commençant par D

D (17)

Dalbiez (loi)

Du nom de Victor Dalbiez, parlementaire des Pyrénées-Orientales. Loi promulguée au Journal officiel le 19 août 1915 dans le but d’assurer « la juste répartition et une meilleure utilisation des hommes mobilisés ou mobilisables ». En clair, ce texte a pour objectif d’envoyer au front les hommes qui, indument embusqués à l’arrière, échappent à l’impôt du sang et constituent ainsi une entorse à l’égalité républicaine.
Si l’impact moral de cette loi est certain, son efficacité est en revanche discutable. La loi Dalbiez est d’ailleurs ultérieurement complétée par un autre texte, la loi Mourier.


DCA (Défense contre aéronefs ou contre avions)

Ensemble des moyens militaires spécialisés dans la lutte anti-aérienne. Le plus souvent, il s’agit de pièces d’artillerie, et notamment de 75, même si l’on trouve également la trace de mitrailleuses.

 


Défenses accessoires

Ensemble des obstacles, le plus souvent métalliques, dressés en avant des tranchées afin de les protéger contre les attaques ennemies. Il peut s’agir de barbelés, de chevaux de frise, d’hérissons ou encore de queues de cochon.


Demi-section

Moitié d’une section généralement confiée au commandement d’un sergent et comportant en général 30 militaires.


Démobilisation

Opération consistant à rendre à la vie civile les militaires mobilisés du fait de la guerre.

 

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, et ce qu’ont d’ailleurs cru les contemporains eux-mêmes, la démobilisation n’intervient pas uniquement après l’Armistice de 1918, celle-ci n’étant pas la paix, mais tout au long de l’année 1919. Il en résulte de nombreuses protestations de la part d’hommes qui, pour certains incorporés sous les drapeaux depuis 1912 dans le cadre du service militaire, n’en peuvent plus de regagner leurs foyers.
En France, la démobilisation s’opère par classe, accordant ainsi la priorité aux plus anciens. Mais de nombreuses dérogations sont octroyées, telle que celle, pour ne citer qu’un exemple, accordant une priorité aux étudiants préparant un doctorat.


Démolition (tir de)

Tir d’artillerie plongeant sur un objectif donné. S’emploie notamment lorsque le tir en brèche se révèle inefficace.


Départements envahis

Départements français que la situation du front place de fait sous occupation allemande. Il s’agit de l’Aisne, des Ardennes, de la Marne, de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle, du Nord, de l’Oise, du Pas-de-Calais, de la Somme et des Vosges. Dans cette liste, seules les Ardennes sont intégralement occupées, les autres départements ne l’étant que partiellement.


Déporté

Littéralement, personne déplacée de force. Ce terme n’a, rapporté à la Première Guerre mondiale, que peu de rapports avec ce que subissent les déportés du système concentrationnaire nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour autant, la réalité des situations qu’il qualifie entre 1914 et 1918 peut s’avérer selon les cas bien différente, qu’il s’agisse du déplacement de quelques villageois d’un bourg du nord de la France, exilés par l’occupant afin de se débarrasser de « bouches inutiles », ou des déportations massives des Arméniens constitutives du premier génocide du XXe siècle.


Dépôt

Fraction d’une unité qui, ne partant pas en campagne, reste en garnison. Ajoutons toutefois que les dépôts des départements envahis sont transférés pendant la Première Guerre mondiale dans les régions de l’arrière.
Pendant la Première Guerre mondiale, les attributions des services du dépôt d’une unité sont multiples mais encore largement méconnues: recueil des blessés et malades à l’issue de leur convalescence, paiement des secours adressés aux familles à la suite du décès d’un militaire, tenue des registres matricules…


Déserteur

Militaire en situation de désertion.


Désertion

Absence illégale d’un militaire de son corps de troupe.  Le fuyard peut se réfugier en France, auquel cas la désertion est dite à l’intérieur, ou à l’étranger voire à l’ennemi, ce qui constitue bien entendu un facteur aggravant.


Disparu

Se dit d’un militaire n’étant plus dans son unité et dont on ignore la réalité de la situation. Le plus souvent, il s’agit de prisonniers de guerre ou de morts dont, le corps n’ayant pas été retrouvé, le décès est prononcé après le conflit au moyen d’un jugement déclaratif.


Dissentement

Notion forgée au milieu des années 2010 par Frédéric Rousseau désignant « le comportement de ceux qui désapprouvent le choix des dominants sans le proclamer publiquement ». Ce concept permet à cet historien de dépasser l’écueil constitué par le caractère statistiquement minoritaire des cas de désobéissance pendant la Première Guerre mondiale pour mieux s’opposer aux partisans du consentement patriotique.


Division

Entité militaire regroupant selon les cas deux ou trois brigades d’infanterie ou de cavalerie ainsi que des éléments d’artillerie et du génie. Théoriquement, une division comporte environ 15 000 hommes et est placée sous l’autorité d’un général de division.

 

 

La composition des divisions n’est pas fixe et peut varier suivant les périodes mais également les armées considérées. Ainsi, en France, si en 1914 la division d’infanterie comporte quatre régiments d’infanterie en 1914, elle n’en regroupe plus que trois en 1918, ce qui témoigne de l’importance croissante prise par l’artillerie durant le conflit.
La division est le plus petit échelon militaire apte à opérer de manière autonome sur un champ de bataille. Elément relativement subalterne au sein de la chaîne de commandement, elle ne s’emploie que sur un front restreint.


Dragon

Le Dragon est depuis le XVIe siècle un cavalier mais ayant reçu une instruction lui permettant de combattre au sol, à pied, à la manière d’un fantassin. Il s’agit donc d’un militaire polyvalent.

 

 

En 1914, l’Armée française compte 32 régiments de Dragons, chiffre équivalent à l’Armée allemande. L’Autriche-Hongrie en recense pour sa part une quinzaine, contre 45 à la Russie.